Enquête de Libération – Incinérateurs de plastiques : la fabrique d’une «fable écologique»

Le journal Libération publie les 11 et 12 juin 2026 une enquête remarquable de Marie Piquemal, à retrouver en ligne (abonnement d’essai 1 € pour 15 jours)
Transformer nos déchets en combustible vert : avec cette trouvaille, les industriels font un carton. Subventions publiques à la pelle, élus qui signent les yeux fermés pour ces «chaufferies CSR». Derrière, la réalité est beaucoup moins responsable. Premier volet de cette enquête : les dessous d’un greenwashing à grande échelle.

Premier volet de l’enquête :

Incinérateurs de plastiques : la fabrique d’une «fable écologique»

Transformer nos déchets en combustible vert : avec cette trouvaille, les industriels font un carton. Subventions publiques à la pelle, élus qui signent les yeux fermés pour ces «chaufferies CSR». Derrière, la réalité est beaucoup moins responsable. Premier volet de cette enquête : les dessous d’un greenwashing à grande échelle.

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Carte par Alice Clair Savinien de Rivet Marie Piquemal • Rémi Ducasse

Y aura-t-il un incinérateur CSR près de chez vous ?

Libération publie en exclusivité la carte des projets de chaufferies CSR et explique le fonctionnement de ces incinérateurs nouvelle génération, au rendement plutôt faible énergétiquement parlant.

Deuxième volet :

Fumées des incinérateurs à plastiques et impact sur la santé : «On ne peut pas mentir comme ça aux gens»

Des projets de «chaufferies CSR» se multiplient sur le territoire, pour certains au milieu d’habitations, près d’écoles ou de maternités. Deuxième volet de notre enquête : les enjeux sanitaires pour les riverains.

Incinérateurs, résumé de l’épisode précédent : la fabrique «d’une fable écologique»

La France compte près d’un tiers des incinérateurs d’Europe. Dans le lot, on trouve des «chaufferies CSR» qui brûlent des résidus de plastiques, bois et textiles broyés en pellets. Les industriels présentent leur combustion comme une source d’énergie écologique, les autorités publiques les soutiennent à coups de centaines de millions d’euros. Libération a enquêté et la réalité est beaucoup moins verte. Les conséquences sanitaires et environnementales sont largement sous-estimées, au profit d’intérêts économiques. Après la fabrique d’une fable écologique, les mirages de l’innocuité sanitaire



Notes et commentaires de Zeru Frazu :

Cette enquête très intéressante et documentée met à jour le lobbying de l’industrie du déchet qui, à grand renfort de communication, réussit à obtenir les marchés juteux du traitement des déchets, financés par nos impôts.

Les dangers des nouveaux incinérateurs et chaudières à CSR (Combustibles Solides de Récupération) sont toujours aussi graves, voire plus grands, car les déchets broyés sont de nature de plus en plus complexe. La pollution née de la combustion est loin d’être réellement évaluée et contrôlée. De nouveaux polluants sont pointés, tels les dioxines et furanes bromés, les PFAS, etc. Le large dimensionnement des installations et leur multiplication appellent à une production de déchets toujours plus importante. Ces projets s’opposent à la hiérarchie des modes de traitement.

En Corse, il y a exactement 20 ans, commençait en 2006 la lutte contre le projet d’un incinérateur surdimensionné au centre de l’île. Ce combat a été victorieux et le projet abandonné. Lire les étapes de notre combat sur le site du Collectif corse contre l’incinérateur.

Mais les lobbies n’abandonnent jamais et comme ailleurs de nouveaux projets ont avancé en sourdine, tel des rouleaux compresseurs…
Le Syvadec (syndicat de traitement des déchets de Corse) a réussi l’implantation d’une première usine pour produire les CSR (actuellement en construction à la plaine de Monte près de Lucciana et de l’embouchure du Golu). Une seconde est prévue à Mezzana près d’Ajaccio et de la Gravona, puis viendront les chaudières…

Voir l’étude sur la valorisation locale des CSR publiée par le Syvadec

 

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